Corriger l’image que je me fais de Dieu et de mon frère

4e dimanche de Carême - année C - Luc 15, 1-3 ; 11-32
dimanche 14 mars 2010
par Vince
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C’est quoi une Parabole ? A quoi cela sert-il ?

Quand elle est raccordée à la télé, cela sert à recevoir les images qui arrivent de très loin. Elles partent de la terre, des studios de la télé. Elles vont dans l’espace, jusqu’à un satellite et elles reviennent chez nous, dans ta télé. En tout, cela fait 72.000 kilomètres !

Évangile

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.” Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait et partit pour un pays lointain, où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : “Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. « Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…” Mais le père dit à ses domestiques : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent la fête. Le fils aîné était aux champs. À son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : “C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. « Mais il répliqua : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé, après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” « Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” »

Luc 15, 1-3.11-32


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Des milliers de kilomètres dans nos coeurs

Dans les évangiles, Jésus raconte des paraboles - histoires qui font tout un chemin :
- on en parle avec d’autres,
- on les écoute quand on a 12 ans, 15 ans, 25 ans, 40 ans, 75 ans…
- et on les entend chaque fois autrement parce qu’on est chaque fois un peu différent.
- Les paraboles, ce sont des histoires qui font des milliers de kilomètres dans notre tête, dans notre cœur, dans notre vie.

Dans cette parabole, nous avons une histoire de famille embrouillée où chaque personne est en chemin pour trouver sa juste place, la bonne distance entre lui et les autres.
- Le père se déplace pour trouver sa place d’homme de dialogue, de Parole qui donne, pardonne.
- Le plus jeune cherche son autonomie de futur adulte.
- L’aîné aura à trouver sa place de frère.

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Pour trouver sa place, chacun doit trouver la bonne distance par rapport à l’autre. Ni trop près, ni trop loin. Chacun a à corriger l’image qu’il se fait de l’autre et de lui-même : ni trop bon, ni trop nul. La parabole s’arrête sans nous dire ce qui se passe après, pour chacun. La fraternité est longue à construire. Il nous faut dépasser nos jalousies d’enfants, parfois cachées, prêtes à resurgir. Ces obstacles à la fraternité, osons les reconnaître pour espérer en sortir ?

Deux fils, 2 idées fausses, parmi tant d’idées fausses que nous nous faisons sur Dieu.

- Pour le plus jeune, le père, c’est celui qui l’empêche de vivre. Son père, c’est « le vieux », et il veut vivre sa vie en se libérant de son autorité. Il veut faire ce qu’il veut, et conquérir son indépendance. La conquérir ? Non pas par ses propres efforts, mais en revendiquant une part de richesse à laquelle il n’a encore aucun droit, fruit du travail de son père. Quel culot !

- L’aîné considère son père comme un patron dont il est l’esclave. Belle mentalité !
- Drôle de père qui ne ferait que commander, qu’exiger. Est-ce que vous connaissez des familles où cela se passe ainsi ?

De tels pères ne sont pas du tout l’image du Père que Jésus nous présente.

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Jésus nous présente un Père totalement différent de l’image que s’en font les 2 fils. Le père n’a rien d’un tyran autoritaire. Bien au contraire, il se laisse faire. Le fils demande sa part d’héritage, il fait le partage et lui donne sa part. Le père ne fait rien pour l’en empêcher. Les années passent : le père attend. Il l’espère : l’histoire précise que ce rebelle «  était encore loin lorsque son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. » C’est le père qui se jette au cou de son enfant, et non l’inverse. Il se déplace et sort pour inviter l’aîné qui fait la tête et qui ne veut pas entrer. Il bouge, il organise le banquet, mange, boit… et il danse. Ce n’est pas l’image de Dieu que nous avons spontanément. Est-ce que nous n’avons pas des images proches de celles des 2 garçons ? Quelle image avons-nous lorsque nous disons « Notre Père » ? Qui est le Dieu de Jésus Christ ?

Jésus avait dit qu’il est comme un berger qui court après la brebis perdue. Il ajoute que Dieu est un Père. Surtout pas le père dont nous nous faisons une idée fausse, injuste. Non, un Père qui se comporte à l’égard de nous de manière inattendue. Il ne nous impose rien. Il nous laisse libres.

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Il ne reprend pas les dons qu’il nous a faits (notre part d’héritage). Si nous l’abandonnons, il ne nous laisse pas tomber, il nous attend et nous espère. Et chaque fois que nous faisons la moindre démarche pour revenir vers lui, même très intéressée, il nous accueille. Et il danse !

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4e dimanche de Carême à Ste Louise

Prière

Seigneur, je sais que ton amour jamais ne m’emprisonne, et que je peux vivre ma vie en toute liberté ! Lorsque je me suis éloigné, lorsque je me suis trompé, rends-moi le désir du retour !

Car, je le sais, tu es le Seigneur des Bras Ouverts et du Pardon. Si je divague en marchant, toi, tu me relèves.

Toi qui nous ouvres grand tes bras et ton coeur, continue à courir et à nous chercher même sur les chemins embourbés.

Attire-nous vers toi et entraîne-nous sur des chemins d’amour où chacun est beau et important sous ton regard.

Où chacun devient pour nous un frère !

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Décoration de Carême à Ste Louise

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