Évangile
Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous ! Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez ! Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. « Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation ! Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez. Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c’est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
Luc 6 17.20-26
Homme arbre ou désert ?
Jérémie compare les hommes qui mettent leur confiance dans les puissants, les armes et richesses… à un désert. L’homme qui ne croit qu’en lui-même et ne s’appuie que sur le fric, la gloire, le pouvoir, le chacun pour soi... cet homme n’est qu’un buisson sans racines.
A l’opposé, celui qui met sa confiance dans le Seigneur est comme un arbre au bord d’un ruisseau qui plonge ses racines en profondeur. Il ne redoute pas la sécheresse et porte des fruits en abondance.
En quoi, en qui, je mets ma confiance ?
Si je place ma confiance en ce que je possède, ma banque, mes biens, et tout ce qui en découle : les relations facilitées, la considération de mon entourage… alors, je ne vois pas pourquoi j’aurai confiance dans les autres (relations intéressées), ni pourquoi je mettrais ma confiance en Dieu dont je n’ai pas immédiatement besoin, ni en sa Parole qui me dérange !
Tout en fait est question d’amour !
(Ce dimanche c’est la St Valentin ... et aussi le Nouvel an chinois (ou Fête du Têt au Vietnam) : année du Tigre de métal qui favoriserait un esprit énergique, aventureux, indépendant, inventif, généreux…)
De même qu’un homme et une femme se risquent à unir leur vie, de même on peut faire le choix de la Vie, du bonheur.
Jésus descend de la montagne avec les 12 et il se tient debout dans un lieu en plaine. Ces mots "montagne" et "nuit" ont un sens symbolique : la montagne, c’est tout ce qui est difficulté, affrontement à une situation difficile ; la nuit, c’est tout ce qui est sombre en nous, dans nos vies, tous ces moments où nous ne voyons pas clair.
Jésus doit affronter des difficultés, lui aussi.
Sa solution est de passer la nuit dans la prière de Dieu.
Il prend un bain de Dieu, se laisse aller en Dieu
Puis, Jésus descend, passe d’un lieu élevé à un lieu situé plus bas. Il se tient debout dans la plaine. Cela évoque la résurrection.
Jésus a gravi la montagne, il a traversé la nuit, et le jour est venu.
Il a fait ce passage de la mort à la résurrection.
Alors il peut ns rejoindre, ns qui avons soif de Vie.
Il nous rejoint dans une plaine, littéralement dans un lieu de plain-pied, de même niveau. Il n’est pas au-dessus ; il nous parle en frère. Et c’est pour cela que nous pouvons l’entendre. Il lève les yeux sur ses disciples. S’il lève les yeux c’est qu’il est plus bas qu’eux, qu’il ne les considère pas inférieurs.
Qu’entendent ses disciples ?
Heureux les pauvres, ceux qui ont faim, ceux qui pleurent, vous qui êtes expulsés, haïs, rejetés, injuriés, etc. Ce n’est pas vraiment notre conception du bonheur !
Puis ils entendent :
"Hélas", vous qui êtes repus, qui riez maintenant, de qui on dit du bien maintenant, etc. Remarquez bien cet « Hélas » ! La traduction, malheureux, sonne comme une condamnation.
Alors que c’est une parole triste, d’appel à la conversion !
Un chemin de Bonheur s’ouvre
Le mot « Heureux » n’a pas d’équivalent français au mot que Jésus utilise. C’est un mot qui veut dire « être en marche ».
Il y a un chemin qui s’ouvre. Jésus dit :
Il est sur un chemin de bonheur celui qui a faim, pleure...
« Mais ce n’est pas vrai ! Quelqu’un qui est pauvre, qui a faim... n’est pas heureux ! »
Comment est-ce possible quand on est pauvre, on a faim, on est malheureux ?...
Parce que quelqu’un vient vers vous et se préoccupe de vous.
Parce qu’il y a une fraternité qui s’établit !
Avoir besoin de quelque chose, c’est une ouverture vers d’autres.
C’est le contraire que risquent de vivre les riches, ceux qui sont comblés et se satisfont d’eux-mêmes, ne cherchent pas à entrer en relation.
Les Haïtiens au plus profond de l’épreuve témoignent de ces Béatitudes…
Luc insiste sur la différence entre ceux qui sont ouverts ou fermés au bonheur que Dieu leur apporte.
Les pauvres sont ceux qui sont prêts à accueillir la parole de Dieu ; ils ne lui font pas barrage par leurs richesses, ou leur suffisance.
Luc nous montre un Jésus fraternel, un Jésus sur le même pied que nous, pas un Jésus qui parle de haut.
Luc nous montre aussi que c’est dans la mesure où le manque nous creuse, où nous l’acceptons, que nous pouvons faire l’expérience de la fraternité, que nous pouvons devenir des frères les uns pour les autres.
Chemin du disciple, chemin du bonheur.
Le Royaume de Dieu EST à vous
Les 1ers chrétiens sont venus en majorité parmi les plus pauvres, les méprisés ou démunis, tandis que les puissants, savants, satisfaits d’eux-mêmes, se fermaient à l’Evangile !
Les pauvres ont commencé à prendre possession du Royaume :
"Heureux vous les pauvres, le Royaume de Dieu EST à vous" !
Liberté de Dieu !
On ne l’empêchera jamais d’aimer ceux que tout le monde rejette !
Le bonheur des pauvres ne vient pas de leur pauvreté, mais de Dieu !
Ils attendent tout de Dieu et reçoivent de Lui, non seulement une sagesse, un art de vivre, un savoir qui leur permettrait de tout endurer...
Ils reçoivent de Dieu..., Dieu lui-même !
Présence qui bouleverse leur vie :
Leur vie est celle de Dieu !
La vie de Dieu est leur vie !
Aujourd’hui !
Prière
O Dieu, fais de nous, à l’image de ton Fils, des hommes et femmes amoureux de la vie, luttant pour la justice avec les armes du pardon, de la paix.
Qu’à son exemple, nous soyons prêts à déraciner toute violence.
Envoie-nous ton Esprit, souffle qui réconcilie le frère avec le frère.
Que, par sa force et sa douceur, nous devenions vraiment ingénieux pour planter des signes d’Espérance, signes de ta présence aujourd’hui au cœur des hommes.
Nous te rendons grâce car, pour construire ton royaume et le bonheur des hommes, tu nous a voulu avoir besoin, aujourd’hui, de chacun de nous !

